Transformations et métamorphoses
d’Empédocle à Ovide
« J’ai déjà été garçon et fille, buisson, oiseau et poisson muet dans la mer », affirme Empédocle dans un fragment célèbre des Purifications. Quelques siècles plus tard, Ovide fait de la métamorphose le principe de son grand poème : les Métamorphoses commencent avec la formation du monde, lorsque les éléments sont séparés et ordonnés, puis racontent un univers dans lequel les êtres ne cessent de changer de forme.
Les deux auteurs appartiennent cependant à des époques et à des contextes très différents. Empédocle écrit au Ve siècle av. J.-C., Ovide à l’époque d’Auguste, au tournant de notre ère. Il ne s’agit donc pas de faire des Métamorphoses une illustration de la pensée d’Empédocle. Mais certains rapprochements permettent d’explorer des thèmes communs : les quatre éléments, la transformation continuelle du monde et la parenté entre les différentes formes du vivant.
À la fin des Métamorphoses, Ovide donne d’ailleurs longuement la parole à Pythagore. Ce discours mêle plusieurs traditions philosophiques et ne constitue pas un exposé fidèle d’une doctrine particulière. On y rencontre néanmoins des idées qui font écho à Empédocle, notamment la transformation de la matière, les quatre éléments et la circulation de la vie entre différentes formes. Comme Empédocle avant lui, Ovide choisit en outre la poésie pour parler du monde et de ses transformations.
Nous partirons de quatre récits qui répondent librement aux différentes existences évoquées dans le fragment d’Empédocle : Tirésias, qui fait l’expérience du changement de sexe ; Philémon et Baucis, transformés en arbres ; Céyx et Alcyone, devenus oiseaux ; et Glaucos, pêcheur métamorphosé en divinité marine.

Atelier pratique : répartis en groupes, les participants mettront en scène ces quatre épisodes des Métamorphoses. Le travail théâtral permettra d’explorer concrètement le passage d’une forme à une autre : humain et végétal, terrestre et aérien, masculin et féminin, humain et marin. Il servira ensuite de point de départ à une réflexion sur ce que signifie, chez Ovide comme dans le fragment d’Empédocle, appartenir à un monde où les formes changent, tandis que la matière et la vie se poursuivent sous d’autres configurations.